De retour chez moi après la Réunion de haut niveau des Nations Unies sur la prévention, la préparation et la réponse aux pandémies (PPRP), je suis frappé par l’urgence du défi et par l’importance cruciale d’une collaboration entre les pays pour bâtir un monde mieux préparé à la prochaine pandémie.

Je quitte pourtant New York avec une question plus large : alors que les enjeux de santé mondiale se disputent de plus en plus l’attention politique au sein de différents processus des Nations unies, accordons-nous suffisamment d’importance aux principes fondamentaux qui les relient et qui, en fin de compte, déterminent si nous pouvons parvenir à la santé pour tous ?

Ces dernières années, les réunions de haut niveau des Nations Unies consacrées à la santé se sont multipliées depuis la première, consacrée au VIH/sida en 2001, laquelle a entraîné un renforcement des engagements politiques et financiers en faveur de la lutte contre le VIH/sida. On peut raisonnablement considérer que cette réunion a joué un rôle essentiel dans la diminution substantielle de la charge de morbidité qui a suivi.

La réunion de cette année sur la PPRP s’inscrit entre les récentes réunions de haut niveau des Nations unies consacrées aux maladies non transmissibles (MNT) et au VIH/sida, et celle de l’année prochaine sur la couverture sanitaire universelle (CSU). Bien qu’elles fassent l’objet de processus politiques distincts, ces questions sont fondamentalement liées. Les données scientifiques mettent de plus en plus en évidence les liens entre les maladies infectieuses et les MNT, qui interagissent de multiples façons, notamment par le biais de facteurs de risque communs, de mécanismes partagés et de voies bidirectionnelles.

Bien qu’il soit important d’élever un thème spécifique au plus haut niveau politique, des discussions menées de manière isolée risquent d’aggraver la fragmentation et de faire passer à côté d’occasions de renforcer le leadership politique et l’action autour des principes fondamentaux qui soutiennent les progrès vers la santé pour tous. Parmi ceux-ci figurent :

  • Impliquer les communautés et les personnes ayant une expérience de vie afin qu’elles jouent un rôle significatif dans la conception, la mise en œuvre et le suivi des politiques de santé, grâce à l’institutionnalisation et au financement de mécanismes de participation sociale. Cela est essentiel pour instaurer la confiance entre les gouvernements et les citoyens — une composante souvent négligée de l’infrastructure des systèmes de santé.
  • Renforcer la responsabilité par la collecte et la communication régulières de données ventilées par sexe, genre et d’autres dimensions liées à l’équité, ainsi que le recours à des processus d’examen transparents pour identifier les personnes laissées pour compte et orienter des actions ciblées visant à réduire les inégalités en matière de santé.
  • Investir dans des soins de santé primaires résilients : Les systèmes de santé doivent dépasser les approches fragmentées axées sur des maladies spécifiques et soutenir des soins intégrés et centrés sur la personne en renforçant les soins de santé primaires afin de fournir une gamme de services essentiels couvrant les MNT, la santé mentale, les maladies infectieuses et la santé sexuelle et reproductive. 
  • Mobiliser un financement durable de la santé et améliorer la protection financière en renforçant le financement public et en réduisant les dépenses de santés directes à la charge des patients.

Les réunions de haut niveau peuvent déboucher sur des engagements ambitieux, mais l’histoire montre que les engagements à eux seuls ne garantissent ni l’action ni la responsabilisation. Si nous continuons à aborder les défis de santé interdépendants de manière cloisonnée, nous risquons de fragmenter l’attention, les ressources et le plaidoyer.

Alors que des efforts sont en cours pour réformer l’architecture de la santé mondiale, la réunion de haut niveau des Nations unies sur la couverture sanitaire universelle (CSU), prévue en septembre prochain, sera l’occasion de promouvoir une plus grande cohérence dans l’action. Les gouvernements devraient s’appuyer sur les engagements existants et veiller à leur mise en œuvre, tout en renforçant les systèmes de santé qui favorisent les progrès dans l’ensemble des priorités sanitaires.Le succès de cette réunion ne devra pas se mesurer au nombre de nouvelles promesses formulées à New York, mais à sa capacité à transformer les engagements existants en investissements durables, à renforcer la responsabilisation et à produire des améliorations concrètes dans la vie des populations.

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Megan Wilson TGI headshot

Megan Wilson-Jones

Megan Wilson-Jones est conseillère en politiques et plaidoyer au sein de l’équipe « Impact & Engagement » du George Institute for Global Health, où elle s’attache à promouvoir des politiques de santé mondiale fondées sur des données probantes par le biais de processus multilatéraux.

Megan apporte plus de 15 ans d’expérience dans le domaine de la santé mondiale, acquise au sein d’ONG internationales, d’établissements universitaires et d’organisations des Nations Unies au Royaume-Uni, au Canada et en Suisse. Elle se passionne tout particulièrement pour la collaboration multisectorielle et le renforcement des systèmes de santé pour parvenir à la couverture sanitaire universelle (CSU).

Originaire d’Afrique du Sud, Megan est titulaire d’un master en santé mondiale et politiques publiques de l’université d’Édimbourg et d’une licence (avec mention) en biochimie de l’université de St Andrews.